Sei Shoujo Sentai Lakers

Éditeur : Apple Pie

(Branche adulte de Family Soft)

Date de sortie : 1993

Plateforme : NEC PC-9801, MS-DOS

Genre : T-RPG / VN

Contenu : NSFW

 

 

Avertissement de rigueur : Sei Shoujo Sentai Lakers est un jeu pour adultes, contenant de la nudité et des situations sexuelles explicites (bien que censurées, à la japonaise). Cet article est dépourvu de la moindre image à caractère pornographique de manière à permettre sa publication sur un site tous publics, mais sachez que le jeu en lui-même est rigoureusement interdit aux moins de 18 ans.

La série des Lakers jouit d’une certaine aura « culte », probablement car elle a été exportée à Taïwan dans les années 90, augmentant de ce fait la diffusion initiale des jeux et faisant découvrir à quelques générations d’expats la joie du gaming japonais underground. Il fait partie de ces très nombreux jeux de stratégie au tour par tour présents sur PC-98, mais se distingue principalement par son ambiance assez originale, qui parodie à la fois l’anime Sailor Moon et les Sentai des années 70-80.

Jugez plutôt : l’histoire tourne autour des « Lakers », cinq jeunes femmes originaires de la planète Blade Star, aujourd’hui détruite. Elles se font passer pour des étudiantes dans le Tokyo du XXème siècle, mais possèdent toutes des « Lakers Crystals » qui leur permettent de se transformer en super-héroïnes, chacune avec sa spécialité.

   

Les Lakers dans le civil…

…et en combat, prêtes à en découdre !

 

Et tout ça tombe très bien, car des extra-terrestres insectoïdes venus de la planète Gadram et dirigés par Galvan préparent une invasion de la Terre. Vous dirigez Akira Daidouji, camarade de classe des cinq filles et propulsé commandant de leur squadron. Votre but : empêcher l’invasion, sans oublier de mettre chacune de vos guerrières dans votre lit au passage, et éventuellement faire pareil avec les commandantes ennemies (qui, pour des raisons qui m’échappent, ne sont pas des insectoïdes mais des femmes plantureuses et court vêtues) entre deux batailles, souvent à leur initiative. Faites l’amour, pas la guerre, en somme.

Votre squadron se compose donc de cinq guerrières :

 

Reiko, alias « Star Laker ». Personnage relativement équilibré entre techniques au corps à corps et à distance, mais plutôt fragile. Sa spécialité est le chant ( ?) comme elle le démontrera  lors d’un concert survenant dans une cutscene.

 

Chiyaki, alias « Kung Fu Laker ». Redoutable au corps à corps et résistante, mais peu mobile. Fume comme un sapeur-pompier dans le troisième jeu.

 

 

Natsune, alias « Judo Laker ». Autre personnage de contact (sans mauvais jeu de mots). Les graphistes de la série augmenteront la taille de sa poitrine de manière démesurée dans le deuxième jeu puis à la limite du dérangeant dans le troisième, pour le plus grand plaisir des pervers de 4chan.

 

 

Yayoi, alias « Soul Laker ». Votre seule healer jusqu’à ce qu’Akira devienne jouable sur le terrain. Elle dispose également de très bonnes techniques à distance, mais est très fragile. Sa vue baisse de manière significative dans le 3ème opus, puisqu’elle y hérite d’une paire de lunettes.

 

Yuka, alias « Bunny Laker ». Sa spécialité c’est d’être… euh, déguisée en lapin ? Personnage assez déroutant, peu mobile et peu puissant, mais avec des techniques de zone assez utiles.

 

 

Viendra s’y ajouter Akira, sous les traits du « Blade Knight » quelques missions avant la fin. Fort, résistant et avec des capacités de healer.

 

 

Le jeu se déroule sur des grilles isométriques, avec gestion des spécificités du terrain (y compris en hauteur). Chaque mouvement que vous faites et chaque technique employée diminue votre barre de MP. Si vous restez immobile, elle se recharge lentement. Vos attaques de base sont peu coûteuses en MP mais les coups puissants ou de zone sont plus coûteux. Les attaques les plus puissantes sont aussi les moins précises, les utiliser s’apparente donc d’une certaine manière à un « coup de poker ». Les vagues d’ennemis sont assez massives mais vos personnages sont puissants et chaque niveau gagné remplit vos barres de HP et de MP. Votre stratégie principale consistera donc à protéger vos personnages plus fragiles et éviter de vous retrouver submergé. Une combattante vaincue verra son armure détruite, se retrouvera à poil et quittera le champ de bataille honteusement (cela vaut aussi pour les boss)

   

Vue globale du champ de bataille. Remarquez la très forte supériorité numérique des ennemis.

Chaque attaque donne lieu à une « animation » sommaire (en gros, une CG fixe qui clignote), désactivable si vous êtes du genre pressé.

 

Les dernières missions vous permettront de parcourir le vaisseau-mère de l’empire Gadram, et même de débaucher une de leurs générales l’espace de deux missions, façon Fire Emblem. Aucune carte n’est véritablement difficile si vous faites un minimum attention à ce que vous faites et que vous prenez soin de répartir l’expérience acquise entre toutes vos guerrières. Les dernières sont plus généreuses en ennemis, en particulier la confrontation finale avec l’empereur.

Entre deux phases de bataille, vous avez de longues phases de VN qui ont pour but de faire avancer l’histoire. À noter, ce goujat d’Akira va sans vergogne passer d’une des jeunes filles à l’autre, ce qui se traduira régulièrement par des scènes érotiques semi-interactives (la première, mettant en scène Reiko, intervient dès les premières minutes de jeu) dans lesquelles vous devrez trouver comment faire plaisir à vos partenaires en choisissant les bonnes options dans le bon ordre. Une fausse bonne idée car vous resterez en pratique de longues minutes à re-valider les mêmes choix, en tentant de varier l’ordre et la fréquence, pour passer à la scène suivante. Même en parlant Japonais, c’est laborieux. Si ce qui vous intéresse c’est uniquement les images hentai (bande de pervers), allez plutôt les voir sur les web, sans l’interactivité, ce sera plus simple.

   

Galvan et ses deux générales

Votre fine équipe au complet, dans le civil

Que retenir de Lakers au final ? Une bonne direction artistique, une ambiance crétine totalement assumé, et un gameplay plutôt bien pensé. Dans les T-RPG de la machine, il fait partie des plus accessibles ; ne vous attendez pas à la complexité d’un Dead Force ou à un arbre des techniques aussi riche que dans Metajo par exemple. En revanche, question rythme et fun, le titre tient parfaitement ses promesses (beaucoup plus que par exemple les deux premiers Farland Story ou encore Horny Sweeper).

 

 

Sei Shoujo Sentai Lakers II

Éditeur : Apple Pie

Date de sortie : 1994

Plateforme : NEC PC-9801, MS-DOS

Genre : T-RPG / VN

Contenu : NSFW

 

 https://jpc-retro.neocities.org/images/lakers/lakers1-01.jpg

La paix obtenue à la fin de Lakers n’aura pas été bien longue : empruntant le pouvoir de Leticia, générale vaincue de l’empire Gadram, un nouvel ennemi du nom de Rayott décide à son tour d’envahir la Terre. C’est le moment pour les Lakers de reprendre du service.

Pour Lakers II, même recette que pour le jeu précédent, à savoir alternance de batailles stratégiques et de phases de VN. Les personnages ont été légèrement redesignés, mais la plupart des assets de combat ont été repris tels quels.

     
     

Le nouveau look des filles… et d’Akira (qui n’a pas droit à une CG de la même taille que ses camarades de jeu). A l’exception notable de Yayoi, on remarquera que leurs tenues de combat ont été sensiblement raccourcies… oui, nous sommes bien sur PC-98.

 

Gestion de l’équipement : vous pouvez équiper chaque personnage d’armes et armures différentes (4 éléments sélectionnables) qui peuvent apporter des bonus ou des malus. Par exemple, vous pouvez doter Reiko de sorts de soin, à condition de sacrifier ses attaques longue portée ; ou encore rendre Natsune très puissante, mais quasiment immobile… ou quelque chose entre. À vous d’expérimenter les combinaisons. Je regrette un peu que l’effet d’un équipement sur les capacités soit indiqué, mais pas les techniques associées. En combat, vous pourrez changer à tout moment d’équipement, mais en sacrifiant le tour de votre personnage.

Equipement destructible : les attaques répétées des ennemis peuvent détruire votre équipement. Détruire les bras de l’armure rendra vos attaques inopérantes, détruire le corps de l’armure réduira votre défense à néant, etc. Vous pouvez remplacer l’équipement détruit en ouvrant le menu d’équipement, mais cela vous laissera à la merci de l’ennemi pendant un tour. Il faut donc bien peser le pour et le contre pour voir le « moins mauvais choix » qui se pose à vous en fonction des situations.

   

Peu de différences en phase de combat, si ce n’est ce fond plus… générique que dans l’opus précédent.

L’écran de gestion de l’équipement. Les possibilités de customisation sont riches et bien les connaître sera crucial pour vous adapter aux spécificités de chaque map.

 

   

L’antagoniste principale (ou pas ? …)

Pas de mecha géant, navré de vous décevoir… mais ce poste de commandement est quand même super classe.

Lakers II est beaucoup plus difficile que le premier opus : un gain de niveau ne vous rend que vos MP et pas vos HP, ce qui complique beaucoup les choses. De plus, vous passerez de nombreux niveaux avec un squad incomplet, les personnages allant et venant (Reiko sera séduite par un commandant ennemi en civil, enlevée, et réapparaitra tard dans le jeu ; Yuka sera enlevée également, et violée au passage histoire de rester dans le bon goût ; Akira et Reiko partiront pour une mission solo, laissant le reste de l’équipe gérer le gros des troupes ennemies toute seule ; etc.) ce qui va évidemment créer de gros écarts de niveau entre les personnages. Quand vous récupérez Reiko par exemple, elle aura bien 6-7 niveaux de retard sur les autres, et elle a de plus le bon goût de réapparaître durant une mission particulièrement ardue.

Il faut également mentionner l’abominable mission 7 où Akira et Chiyaki font face, seuls, à une vingtaine d’ennemis bien bourrins. Quand vous allez arriver là, croyez-moi, vous allez pleurer des larmes de sang. Préparez-vous à beaucoup vous déplacer, beaucoup healer, et beaucoup changer votre équipement. Le bon côté des choses c’est que vos deux persos vont bien gagner 5 niveaux chacun à l’issue de cette mission. L’autre bon côté, c’est que rien ne sera aussi difficile durant tout le reste du jeu.

Au final, Lakers II est une bonne suite, malgré une difficulté mal équilibrée. Les ajouts dans le gameplay sont bien sentis, l’histoire est plus ambitieuse, et le fun est toujours au rendez-vous.

 

 

Sei Shoujo Sentai Lakers III

Éditeur : Apple Pie

Date de sortie : 1996

Plateforme : NEC PC-9801, MS-DOS

Genre : T-RPG / Dating Sim

Contenu : NSFW

 

 

Après deux invasions repoussées avec succès, un nouvel antagoniste en veut aux cristaux des Lakers : un certain Neos Bullard, alien bien dégueulasse de son état. À charge pour Akira et ses nymphettes de l’empêcher d’envahir la Terre pour s’en emparer.

     
     

Relooking de circonstance pour le cast complet.

Le dernier opus de la série est très différent des deux premiers jeux. On se rapproche plutôt d’un Sakura Wars dans le ratio dating sim/stratégie. Les parties dating sim, qui représentent la majeure partie du jeu, se jouent comme Dokyuusei : en gros, vous devez être au bon endroit au bon moment pour déclencher des évènements, lesquels de fil en aiguille vous conduiront aux scènes cochonnes (qui ne désormais plus interactives, ouf). Terminé le sexe avec l’ennemi cette fois-ci, mais vous pourrez ajouter à vos conquêtes trois autres camarades de classe non jouables, plus la prof en personne. En revanche, à de rares exceptions près, il faudra mériter les faveurs des filles en remplissant les bonnes conditions, là où elles s’offraient à vous sans trop réfléchir dans les deux jeux précédents. Un bon point pour l’image de la femme, même si on reste quand même dans le très, très putassier (ben oui, c’est un eroge… vous vous attendiez à quoi ?). Vous aurez d’ailleurs en fin de jeu la possibilité de voir une scène érotique supplémentaire pour le personnage de votre choix en très haute définition (640x800, excusez du peu !) à condition bien entendu d’avoir auparavant réussi à obtenir ses faveurs (là encore, on pense à Dokyuusei ou encore True Love).

La direction artistique est très différente des deux premiers jeux. On aime ou pas. C’est plus détaillé et les choix de couleurs sont excellents, mais certains re-designs sont assez ratés, avec le côté « grosse tête, gros yeux » qui gâche vraiment Yayoi (en civil) par exemple.

   

La carte de la ville, qui vous permettra de naviguer d’un point à l’autre.

La forte popularité de Natsune a conduit les développeurs à la transformer en une sorte d’aberration de la nature dont la poitrine pèse aussi lourd que tout le reste de son corps réuni. Je vous laisse seuls juges du bon goût de ce redesign.

   

A contrario, le design de Yayoi exagère le côté (faussement) innocent du personnage. Je ne suis pas fanatique de ce côté « moe ». Heureusement, son portrait de combat est fantastique.

Les méchants, au design très différent des précédents antagonistes de la série.

En combat, le moteur a changé, avec une meilleure gestion du terrain et de nouveaux assets. C’est très beau et très détaillé. Par contre, la difficulté a bien baissé : plus de destruction d’équipement, et des attaques globalement plus puissantes. Yuka a un énorme boost de puissance par rapport aux jeux précédents (vous n’avez donc plus de maillon faible), et la plupart des personnages ont obtenu des attaques de zone supplémentaires qui permettent de détruire 4/5 ennemis d’un coup. Si vous avez terminé Lakers II, le III vous paraîtra une plaisanterie. Encore un parallèle à faire avec le premier Sakura Wars, du coup ! Petit détail : plus personne ne finit à poil en combat, mais en revanche chaque Laker a droit à une scène de transformation à la Sailor Moon, où elles débutent nues et finissent habillées. On va dire que c’est un progrès.

Je n’ai pas trop insisté sur la musique de la série (signée Kusanagi Masasuke) car elle est honnête mais pas spécialement inoubliable. Sachez qu’un Ryu Umemoto pré-période C’s Ware signe quand même quelques petits arrangements discrets par-ci par-là ; mais ne vous attendez pas à des moments de bravoure comme dans Yu-No ou Desire.

   

La nouvelle interface de combat, très réussie.

La gestion de l’équipement. Au début du jeu, vous ne pouvez pas choisir à la fois un équipement « bras » et un équipement « jambes » à la fois. Il faudra s’adapter en fonction des circonstances.

BONUS

Il existe une OAV (pour adultes, mais relativement soft finalement par rapport aux jeux…) où les Lakers affrontent une dominatrice de l’espace. On reconnaît à peine les personnages, l’histoire n’a ni queue ni tête, et l’animation est vraisemblablement encore un autre triste exemple de sous-traitance nord-coréenne pas chère. Encore un chef d’œuvre à ranger avec les OAV de Dragon Knight et Yu-No…

Plus intéressant, un artbook est paru. Il inclut les concept art originaux (plus tard transformés en CG) pour les trois jeux, plus un chart complet des évènements pour Lakers III, des anecdotes de développement… un must si vous avez aimé les jeux. Vous trouverez la traduction du guide dans la partie solutions et astuces.

CONCLUSION

La série des Lakers est bien plus qu’un simple prétexte pour regarder des CG érotiques. Elle dispose d’une identité très forte, d’un gameplay bien pensé et d’un soin très important apporté aux petits détails. On pourra juste lui reprocher un certain manque de challenge (à l’exception du 2ème opus) mais qui permettra aux novices et aux non-japonophones d’être moins intimidés. Trois classiques du PC-98 qui méritent toute votre attention !

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